lundi 28 septembre 2009

La mort aux trousses

Deux hommes de moins de trente ans sont morts à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, samedi 26; l'été dernier, un autre était décédé dans la même ville et un quatrième dans une commune proche, Le Blanc-Mesnil.
Ici règlement de compte et trafic de drogue, dit-on, là poursuite de la police, là encore balle perdue lors d'une bagarre entre bandes.
Peu importe les raisons, des jeunes meurent et dans des communes, un département, où sont concentrés bien des problèmes et défauts de notre société: concentration de population dans un urbanisme insupportable, chômage, désoeuvrement, argent facile, etc....
Partout où il y a le chômage, les jeunes ne se tuent pas, ne s'entretuent pas, me direz-vous.
Ailleurs, trop de jeunes meurent d'accidents de la route suite à des prises de risques inconsidérées dans les conditions de conduite.
Qu'elle est l'idée de l'homme que peut avoir une société qui "accepte" de tels faits; des jeunes qui meurent, c'est la société elle-même qui se suicide.
Chacun est renvoyé à sa réflexion: parents, population en général, responsables politiques locaux et nationaux.
La vie en société ne peut être l'addition de situations individuelles, mais elle sera par le retour à la relation à l'autre avec des règles reconnues de tous.

vendredi 25 septembre 2009

Calais et autres "jungles"

Une émotion s'est exprimée à la suite de l'expulsion de la "jungle" de Calais; émotion devant le traitement réservé à ces hommes, mais aussi, je le pense, devant le fait qu'il ne s'agira, dans ce cas, que de reporter le problème plus loin: la population et les élus calaisiens seront peut-être ou sans doute satisfaits, mais ce sera ailleurs que le problème se reportera.
Et il existe ailleurs, et mon émotion, mon malaise sont devant le fait que puissent exister de tels "campements" ou bidonvilles: en proximité de mer dans l'espérance d'aller en Angleterre, mais dans bien d'autres endroits.
Il est plus prudent de regarder devant soi quand on conduit sur le périphérique parisien, mais on peut quand même voir toutes ces tentes, toutes ces installations en contrebas ou sur les terre-pleins; pour qui se promène sur le Canal de l'Ourcq, entre Bondy et Paris, il n'est pas possible de ne pas voir un immense bidonville et, échelonnés sur plusieurs kilomètres, des baraquements et autres campements; Que dire de l'hygiène? Que dire des risques d'incendies? Et il ne s'agit pas que d'hommes comme à Calais, mais aussi de femmes et d'enfants en bas âge.
Emotion oui, mais l'émotion doit être permanente pour aller au-delà de l'aide sur place, pour que de telles situations ne puissent être possibles.
Les, notre gouvernement veulent montrer du volontarisme pour réparer les dégâts de la crise financière ou pour éviter la propagation de la grippe A; mais qu'il y ait la même volonté pour éradiquer de telles situations, pour faire en sorte que chaque homme, chaque femme, chaque enfant ait des conditions de vie décents. Si l'Europe ne sert pas à celà, à quoi sert-elle?
Des lieux décents d'accueil doivent permettre d'accueillir les populatons arrivantes; ceci ne peut être que provisoire.
Aussi, je crois responsable de le dire, notre pays ne peut à lui seul accueillir dans des conditions décentes toutes ces populations; des mesures de retour doivent donc inévitablement être appliquées, dans le cadre d'accords avec les pays d'origine et à condition que les intéressés ne courent pas de risques pour leur vie.
Aussi, comme cela s'est produit lors des conflits dans les Balkans, les populations des pays en guerre ne pourront retourner dans leur pays; des droits de séjour et de travail devront leur être accordés.
Sans doute n'y a-t-il rien d'original ici, d'autres l'ont déjà dit; mais je crois qu'une réaction spontanée comme celle ayant suivi l'évacuation de Calais n'est pas suffisante si elle ne permet pas d'engager des actions responsables et durables.